jeudi 16 octobre 2008

Je vous écoute, mais...

"Je vous écoute, mais je parle en même temps..."

Les maux d'une société dans les mots prononcés par Marianne James à son mari, sur scène à l'occasion de la comédie musicale Rabbi Jacob {no comment sur la référence} Car il s'agit bien de l'écoute avec un grand E, outil du psychologue, garante de la sérénité et de la pérennité des relations humaines, de la place de chacun dans son couple... 


Et paradoxalement, si les moyens de communication augmentent de façon exponentielle, de l'internet omniprésent au téléphone, la société en flux tendus incrimine les individus et pointe du doigt l'absence d'écoute. Parce qu'écouter demande un certain investissement personnel bien sûr, une disponibilité et un intérêt non-simulé pour la cause à laquelle tendre l'oreille.

"Etes-vous à l'écoute du marché ?"

Expression favorite des recruteurs qui sondent ainsi la disponibilité du candidat envisagé... Au lieu de dire simplement "cherchez-vous activement à changer de job ?",  l'expression dissout ainsi la responsabilité du salarié à débaucher, dédouanant son éventuelle culpabilité à l'égard de l'employeur actuel.

Mais ne nous y trompons pas, l'écoute est bel et bien une action intentionnelle, volontaire, visant à s'imprégner du sens de ce que l'on perçoit. 

"Ecoutez-moi !"

Impossible donc, d'imaginer contraindre quelqu'un à écouter, de faire preuve d'obéissance et de soumission dans une disposition d'esprit aussi complexe qu'influencée par des facteurs extérieurs : difficile d'écouter correctement si l'environnement est bruyant, inconfortable, inhospitalier et perturbe la concentration exigée par l'attitude d'écoute. Et encore moins si on en n'a pas envie !

"Tu ne m'écoutes pas, je le vois bien"

L'attitude d'écoute est marquée par l'échange : pas nécessairement un échange de paroles, mais des signes entre celui qui parle et celui qui écoute, qui montrent que le message est bien reçu et compris. Dans l'écoute, le non-verbal compte alors plus que jamais car il atteste de l'intérêt réel de l'auditeur et encourage celui qui parle à s'exprimer...

"Allô, j'écouuuute ?"

Frénésie du siècle, la communication semble s'amplifier et pourtant, on voit pulluler les "centres d'écoute" à destination des familles, adolescents, personnes en situation d'addiction... Si chacun est joignable à toute heure, est-il pour autant corvéable à mercie pour autant qu'il s'agisse d'écoute ? 

Et enfin, si l'on ne s'écoute pas, n'est-il pas vain d'espérer bien s'entendre ?


2 commentaires:

bd a dit…

Salut,
"Écoute, terme technique de la psychosonique ou de l'audio-psycho-phonologie qui désigne le rapport de l'être humain aux sons qu'il vise ou néglige."(wikipedia)

OU NEGLIGE?? Tu voie même les dictionnaire s'y mettent!

En attendant je voie tout a fait ou tu veut en venir et je suis d'accord avec toi.
Celui qui sait écouter peut il toujours répondre?

Anne-C a dit…

Et celui qui entend a-t-il le devoir de répondre ? Répondre engage-t-il le répondeur* dans la cause de l'entendu ?

Cette question ne vise en aucun cas à faire du prosélytisme insinuant les souffrances criantes minoritaires ou mondiales et auxquelles personne ne répond. Loin s'en faut.

Aujourd'hui, j'ai pourtant bien entendu le message de ce jeune "médecin du monde" devant la gare du Nord, qui me demandait mon RIB pour contribuer à envoyer des médecins dans les pays pauvres. Je lui ai répondu "désolée, je suis pressée mais j'irai voir ça sur internet". Ai-je bien écouté ? Ai-je vraiment répondu ? à son besoin d'être entendu ? à ses attentes ?

*heu... je disais pas ça pour le téléphone...

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Lyon, patrimoine de l'UNESCO et également ma chère petite ville natale, est entrain de faire face à un grand projet de chantier : un tunnel sera bientôt creusé dans la fameuse colline de la Croix-Rousse, détruisant ainsi des galeries et grottes souterraines, du 17ème siècle, baptisées "Arêtes de poisson" ou "réseau des fantasques"...

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