Si l’incarnation des morts se déroule le temps d’une nuit, investie par les enfants, l’esprit festif et symbolique ne séduit pas tout le monde : pauvres gosses ! On les inciterait un jour par an, à revêtir l’habit du mal, et à extorquer sous le chantage et la menace d’autrui… des confiseries. Une véritable formation à la violence, que disent certains, à la délinquance !
Fête religieuse d’origine celtique, réintroduite en Amérique et au Canada, et perdurée en Europe par les Irlandais et les Grands-Bretons (oui, je sais ça ne se dit pas), Halloween renoue avec les morts la nuit du 31 octobre, veille de la traditionnelle fête des Saints.
Et pourtant, nombreuses sont les cultures – délinquantes ou pas – qui font la part belle à leurs morts, les saints mais pas seulement. La nuit du Samhain symbolisait également le passage à l’année suivante en Irlande. En Amérique, All Hallow even honore une soirée tous les saints, et la France, malgré sa tradition de couche-tard, semble préférer se lever tôt et fêter la Toussaint le jour du 1er novembre.
La nuit d’Halloween traduit ainsi l’ambiguïté de toutes les cultures : si la mémoire des morts se doit d’être honorée, il existe toute une part d’inconnu et d’angoisse dans l’expérience de la mort qu’aucun vivant, par définition, n’a encore connu. De la même façon que l’on prend plaisir à voir une pièce de théâtre tragique, Halloween remplit cette fonction cathartique : en simulant le temps d’une soirée la peur, la mort, le mal, chacun matérialise le sens possible de ses angoisses et en prend symboliquement le contrôle. Paradoxalement, c’est aussi un moyen de conserver une relation imaginaire avec l’au-delà, d’ignorer quelques instants qu’une dimension inconnue nous sépare des chers défunts.
Dans chacune de ces traditions, la date choisie est une veille de renouveau positif : parce que le temps d’une soirée, on rejoue les maux qui ont donné leur sens aux fondements de la culture, qui ont donné naissance à des règles promues par l’éducation depuis des siècles. C’est l’occasion de faire le deuil d’une période révolue, d’aller vers une nouvelle perspective, comme Mardi-Gras est l'occasion de plaisirs gargantuesques précédant une période de pénitence, comme les étudiants fêtent le diplôme avant d'entrer dans la vie active par une soirée au cours de laquelle tout est permis une dernière fois…
vendredi 31 octobre 2008
Oui à Halloween !
Tags
psychologie,
société
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PATRIMOINE : Les "Arêtes de poisson" lyonnaises
Lyon, patrimoine de l'UNESCO et également ma chère petite ville natale, est entrain de faire face à un grand projet de chantier : un tunnel sera bientôt creusé dans la fameuse colline de la Croix-Rousse, détruisant ainsi des galeries et grottes souterraines, du 17ème siècle, baptisées "Arêtes de poisson" ou "réseau des fantasques"...
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